Île de Pâques

L’île de Pâques

– le mystère du Pacifique – 

 

Île de Pâques, isla de Pascua, Rapa Nui, Easter island… qu’importe son nom, cette petite île chilienne attire forcément la curiosité et la mienne n’y a pas échappé! Et il y a de quoi ! Pour rappel, qui dit « île de Pâques » dit « Moais »! Qu’est-ce que c’est? Mais si! Tu sais, ces géants de pierre (d’une moyenne de 4 m) disséminés un peu partout sur l’île et qui font l’objet de nombres de légendes! Me voilà donc sur Rapa Nui pour quelques jours afin, qui sait, de peut-être percer quelques mystères de l’une des îles volcaniques les plus isolées du monde….

 

/!\Bon à savoir/!\ 

  • L’île de Pâques est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995
  • Son nom commun découle du jour de sa découverte : un dimanche de Pâques (1722)
  • Vraisemblablement, les premiers habitants de l’île de Pâques viendraient de Polynésie Française
  • La date de son peuplement fait toujours l’objet de débat : en 400 pour les uns, en 1200 pour les autres
  • L’île de Pâques est rattachée définitivement au Chili depuis 1966

~~~~

Jours 1 – 2

– Découverte de l’île à vélo –

 

L’île de Pâques n’est pas bien grande, seulement 163 km². Ainsi quasiment toute la vie locale (supermarchés, magasins de location, de souvenirs, hotels, restaurants…) se passe dans le petit village d’Hanga Roa. Le reste de l’île est constitué des sites archéologiques.

Et hop, après avoir pris mes quartiers au Camping Mihinoa et m’être remise de mon vol de nuit Papeete – Hanga Roa, je rencontre le lendemain de mon arrivée, Quentin, un Français en vacances ici pour un mois. Comme moi, il vient d’atterrir et on se décide donc à explorer l’île ensemble et en vélo! C’est parti pour une aprèm’ sportive de près de 55 km entre émerveillement et grosses frayeurs!

Pour faire simple, nous avons suivi la route principale de l’île. Elle longe une bonne partie de la côte sud, va jusqu’à la belle plage d’Anekana et coupe ensuite l’île en son milieu jusqu’à la ville d’Hanga Roa.

Sur la côte sud, après quelques kilomètres d’effort, nous croisons nos premiers Moais, le début d’une longue série! Mais la majorité ici sont couchés, tantôt la face vers le ciel, tantôt contre le sol. Nous en prenons aussi pleins les yeux avec les sublimes paysages côtiers de falaises abruptes que la mer, quelque peu agitée, vient frapper sans ménagement ! On se rend compte aussi de la petite taille de l’île puisque on peut voir sa fin des deux côtés :).

Paysages de la côte sud & Moaï face contre terre

– Le site Tongariki : 15 Moais majestueux –

Voilà qu’on aperçoit maintenant le volcan Rano Raraku, où ont été fabriqués une grande partie des Moais (visite prévue pour plus tard!). Au détour d’un virage, nous arrivons ensuite sur le site Tongariki,trônent, debouts, alignés et dos à la mer, une quinzaine de Moais, plus majestueux les uns que les autres!

Les Moaïs de l’Ahu Tongariki

Pour la petite histoire, en 1960 un tsunami a dévasté le site. Plus tard, dans les années 90, le gouvernement japonais a apporté son aide pour la restauration de Tongariki mais beaucoup de Moais gardent encore aujourd’hui des traces de cet épisode. On remarque des faces bien abîmées, des corps rongés par l’érosion et seulement un seul Moai porte sur sa tête son « pukao » rouge, une sorte de chapeau ou chignon. Les autres « pukao » sont rassemblés au sol.

 

– Grosse frayeur : la fois où j’ai oublié mon sac…-

#gaffedevoyageuse

Premier jour à parcourir l’île et j’en suis tellement émerveillée que j’en suis toute perturbée! Et pas qu’ un peu… Voilà qu’après une énième pause photo, je reprends mon vélo… et 5 km plus tard c’est la panique! Je me sens d’un coup très légère et pour cause je n’ai plus mon sac à dos avec moi! J’ai trouvé le moyen d’oublier mon sac avec la total : passeport, mes deux cartes de crédit (d’habitude toujours séparées…), argent, appareil photo, e-book… bref l’angoisse monte très vite!  Je previens Quentin et commence à  faire demi-tour en arrêtant les voitures que je croise. L’ile est petite, les gens sont surtout des touristes et il y a des chances pour qu’ils aient vu ou pris mon sac. BINGO! Une famille m’explique avoir vu un sac et se propose de m’amener à l’endroit en question… Après quelques kms, gros soulagement, je retrouve mon sac avec toutes mes affaires là où quelques minutes auparavant je mitraillais la vue 😉 plus de peur que de mal! ouf 😉

Vélo style & la famille qui a sauvé mon voyage!

 

– La plage Anekana et ses Moais – 

Après ce petit épisode d’angoisse, je retrouve Quentin et nous repartons en direction de la plage d’Anekana. Quelle merveilleuse découverte!  Plage de sable blanc, cocotiers et Moais : voici le cocktail pour une plage paradisiaque! Ici, on trouve les Moais de « Ahu Ature Huki »et de « Ahu Nau Nau » à ne surtout pas rater!

La belle plage d’Anekana et ses Moais

On ne s’éternise pas trop car nous devons ramener les vélos… De plus la nuit commence à tomber… Nous voilà donc à pédaler dans le noir, éclairés à la lumière de nos téléphones portables… La route du retour est plus difficile : ça grimpe beaucoup plus, on est fatigués de notre journée, et les chiens nous font quelques belles peurs! Bref après près de 20 kms d’effort en moins d’1h30, mes empanadas, plus que mérités, ont une saveur toute particulière!

 

~~~~

Jour 3 

-Rando’ vers Rano Kau et Orongo-

 

C’est avec les jambes encore endolories de mes prouesses à  vélo de la veille que je m’en vais suivre le sentier qui mène au volcan Rano Kau et au petit village ancestrale d’Orongo, lieu primordial dans la croyance Make-Make, symbolisée par le culte de « l’homme oiseau », qui succéda au culte des Ancètres symbolisé lui par les Moais. 

 

– Le magnifique volcan Rano Kau –

Le chemin jusqu’au volcan offre des paysages et des points de vues entre terre et mer incroyables qui valent franchement la peine! Mais, le clou du spectacle est bien entendu l’arrivée au cratère du Rano Kau lequel est parfaitement conservé. Végétation abondante, couleurs exceptionnelles, avec en toile de fond l’océan Pacifique, et une vue à 360° sur l’île de Pâques, voilà un moment que je ne suis pas prête d’oublier!

Le cratère du volcan Rano Kau sur le chemin du village Orongo

 

– Orongo, le village des hommes-oiseaux –

Direction maintenant le village d’Orongo! Il s’agit d’un endroit très important dans la culture et l’histoire de Rapa Nui. Auparavant, les « chefs » ou « Hopu » des différents clans de l’île s’affrontaient dans une course un peu spéciale dont le but était d’être le premier à ramener un oeuf de l’hirondelle des mers ou « Manutara ». Cet oiseau venait trouver refuge chaque année, à la même époque, sur les petits îlots de Motu Iti et de Motu Nui situés face au village Orongo. Le village servait ainsi de « base » aux differents « conquérants » qui régulièrement se jetaient à  la mer pour rejoindre les îlots dans l’espoir de ramener le precieux césame. Le gagnant, qui avait alors un statut de demi-dieu et qui était en connexion avec le dieu Makemake, le dieu des hommes-oiseaux, permettait ainsi à sa tribu de pouvoir gérer la distribution des ressources de l’île pour une année.

Le village Orongo et les petits îlots Motu Iti et Motu Nui

~~~~

Jour 4

– Un tour de l’île 100% Rapa Nui – 

 

– Lever de soleil magique et carrière des Pukao –

Pour ce quatrième jour sur l’île de Pâques, la journée commence tôt! Avec Quentin, nous nous joignons à Baptiste et Manon, un couple de Français, pour aller admirer le lever de soleil. Ici, l’endroit phare pour un « sunrise » réussi c’est le site Tongariki, avec les 15 Moais. Hiver austral oblige, le soleil ne se lève pas directement derrière les Moais, comme d’ordinaire, mais derrière la petite coline à gauche du site. Mais, le spectacle n’en ai pas moins beau!

Nos yeux endormis mais pleins de belles images, nous nous rendons ensuite pour un petit coup d’oeil à la carrière Puna Pau où ont été fabriqués les « pukao », les chapeaux rouges des Moais.

 

– Tour de l’ile avec Marie, une Rapa Nui 100% pure souche! – 

Un peu plus tard, je retrouve Marie, une native de l’ile dont la famille est 100% Rapa Nui (ils ne sont plus trop nombreux!). J’ai eu son contact grâce à Moerani, rencontrée à Papeete. Marie m’a proposé de me faire faire un tour de l’île! Je suis chanceuse, j’ai donc le droit à une visite guidée et gratuite de l’île avec une locale « pure souche ». Qui dit mieux?

 

….Les petits villages de la côte sud….

Sur la côte sud de l’île, Marie m’amène d’abord voir des petits villages ancestraux (que nous avons raté en vélo avec Quentin). Elle m’explique que chaque « ahu », endroit où sont disposés les Moais, correspond à un petit village et m’apprend que dans la culture Rapa Nui, les Moais ont été fabriqués et érigés en l’honneur et en la mémoire de personnes importantes pour les clans, tels des chefs, des princes… Je découvre ainsi comment s’organisait la vie dans un village Rapa Nui d’autrefois, la « cuisine » du village, les pièces pour dormir…

 

….Rano Raraku : l’industrie des Moais….

Direction ensuite Rano Raraku, la fameuse carrière à Moais! C’est somptueux, je ne sais où donner de la tête. Il y a des Moais de partout, tantôt entiers, tantôt avec juste la tête sortant de terre. Certains, inachevés sont même encore attachés à la roche. J’apprends à nouveau pleins de choses :

  • Il fallait entre un à trois ans pour faire un Moai (quand on sait qu’il y en a près de mille sur l’ile, ça  donne le tournis…)
  • Pour les Rapa Nui, les Moais les plus importants sont ceux sur les « ahu », sorte de terrasse, qui sont dotés de leurs yeux et honorent ainsi un mort. Un Moai sans yeux n’est pas considéré comme « terminé ».
  • D’après la tradition orale, lorsque l’île de Pâques a été évangélisée, les habitants qui ont alors cessé de croire aux croyances Rapa Nui honorant les défunts, ont renversé tous les Moais de l’île. Les Moais aujourd’hui debouts ont été restaurés bien plus tard.

La carrière à Moais de Rano Raraku

Nous montons ensuite jusqu’au cratère du volcan Rano Raraku, qui est lui aussi d’une beauté unique. Ici, protégées du vent, une flore particulière s’est apparemment développée.

L’incroyable cratère de Rano Raraku

 

….Ahu Ahivi : les 7 Moaïs face à la mer….

Pour la dernière étape de ce tour de l’île, Marie m’amène voir le Ahu Ahivi. Celui-ci a la particularité d’être le seul Ahu qui ne se trouve pas sur la côte. Aussi, les 7 Moaïs qui le composent sont les seuls de l’île à être tournés vers la mer, tandis que les autres lui font d’ordinaire dos. Ces Moaïs auraient été érigés en l’honneur des premiers découvreurs de l’île, venus des îles Marquises. Ils seraient donc tournés vers leur terre d’origine :).

Le Ahu Ahivi

 

– Coucher de soleil au Ahu Tahai –

Plus tard, pour boucler la boucle et faire bien les choses, je retrouve à nouveau Quentin, Manon et Baptiste, pour un coucher de soleil magique au Ahu Tahai, non loin de Hanga Roa. Cette fois, le soleil disparaît bel et bien derrière les Moais, le ciel est dégagé, la mer est plus calme, l’instant est sublime!

Coucher de soleil au Ahu Tahai

~~~~

Jours 5 – 6 – 7

– Direction Santiago… enfin presque! – 

 

Après trois jours à fond où je n’ai pas arrêté, je décide de passer ma dernière journée tranquille, rythmée par la farniente et des petites balades ici et là. Je profite ainsi de la douceur de vivre des îles du Pacifique une dernière fois, que ça va me manquait!

Les Moais de Rapa Nui

 

Le lendemain, je dois partir pour Santiago du Chile d’où je commence la dernière partie de mon voyage : la découverte de l’Amérique du Sud! 

Tout était bon, fait dans les règles de l’art du départ des îles : du camping Minihoa, j’ai reçu une petite statuette Moaï et de Marie, croisée à l’aéroport, le fameux collier de coquillages! Je pouvais donc partir sereinement… Mais tout cela, c’était sans compter bien sûr sur un problème technique de l’avion… Ainsi, après une bonne partie de l’après-midi à patienter en salle d’embarquement, on nous annonce que le vol est annulé… Ici pas d’avion de remplacement, nous partiront donc le lendemain!  A moi l’Amérique du sud 🙂 !

 

~~~~

– Mon avis sur l’île de Pâques –

 

Sans aucun doute, l’île de Pâques a été pour moi un des gros coups de coeur de mon voyage. Mes attentes n’ont vraiment pas été déçues ! Que ce soit ses mystères, sa culture, sa beauté, sa préservation, ou sa douceur de vivre, tout m’a séduit. Moi qui pensais y aller juste une fois au cours de ma vie, aujourd’hui j’y retournerais avec plaisir sans hésiter et je suis sûre que la magie serait la même !

 

Informations pratiques :

(date de mon passage : du 1 au 6 aout 2017)

  • Activités  touristiques : prix d’entrée pour visiter l’ile et ses differents sites archeologiques: 80 $ ou 50000 CLP. Trois sites accessibles une seule fois dont Orongo, Rano Raraku. Les tickets sont à présents contrôlés à  chaque poste…
  • Logement : Camping Mihinoa, en tente, prix : 8000 CLP (moins cher si pris directement au camping plutot qu’en ligne), en tente (tout le matériel est fourni), cuisine, sanitaires propres mais eau chaude à  certaines heures, internet très lent (mais on est sur l’une des iles les plus isolées du monde!)
  • Location vélo : 1/2 journée : 7000 pesos (loué sur l’avenue principale de Hanga Roa, Atamu Tekana)
  • Arriver et partir : vol quotidien Santiago – île de Pâques / un vol le mercredi Tahiti – île de Pâques

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *